La fac « m’a tuer »

bac

Si l’ambition pouvait parler, ses premiers mots seraient :  » la fac m’a tuer », car l’université est un véritable tue-l’ambition.
A 18 ans, le bac en poche, le lycée derrière nous, entrer à l’université est un véritable événement : de nouveaux enseignements, de nouvelles méthodes, de nouveaux amis, un nouvel environnement ; c’est LE grand changement !
On arrive avec plein de rêves, plein d’envies en s’imaginant cinq années plus tard avec un Master 2…
Mais les jours passent, et l’université révèle son vrai visage. Une vingtaine d’heures de cours par semaine mal réparties dans un emploi du temps plein de « trous ». Conséquences : des allers retours à répétition, des heures à travailler à la BU (pour les plus courageux) ou des attentes interminables autour d’un café à bavarder. Bref, des heures de perdues !
« La fac, c’est la liberté » disaient-ils. Il est vrai que nous ne sommes pas étouffés par les contraintes, d’ailleurs tellement peu qu’on les regrette ces contraintes que le lycée nous imposait. Des devoirs (trop) occasionnels, des contrôles pratiquement inexistants au cours du semestre (sans compter les partiels, bien sûr), la liberté d’assister ou non aux cours magistraux.
Cette liberté nous la partageons avec nos professeurs : absence non prévenue, cours non rattrapé, retard à chaque cours, cours raccourcis pour des motifs plus ou moins justifiés (réunion, plus envie de continuer le cours…) ou pire sans motif, parce qu’il ne faudrait pas trop travailler en une seule fois. Il est vrai qu’une heure et demie d’anglais par semaine mérite d’être raccourcie en une heure … imaginez on risquerait de devenir bilingue !
Sans parler du véritable parcours du combattant pour obtenir la moindre information. Un site Internet avec peu d’informations pertinentes, non à jour ; des secrétaires peu (pour ne pas dire pas) efficaces, une faible communication avec nos professeurs, des chargés de TD pas plus au courant que nous… L’information à la fac ne passe guère pas l’administration, elle passe par les deuxième, troisième année, les étudiants plus avancés dans leurs études qui connaissent des astuces, et qui ont déjà eu cette information, si précieuse, pour les premières années.
Vous l’aurez compris, rien n’est fait pour que les étudiants donnent le meilleur d’eux même, pour qu’ils se surpassent, qu’ils aient le goût du travail, l’envie d’apprendre. Tout cela, on se le donne soi même. La motivation, l’organisation, la détermination il faut l’acquérir avant sa rentrée universitaire, après il sera trop tard, plus personne ne viendra le faire pour vous. Vous êtes désormais seul face à vos études, seul face à vos choix d’orientation.

Obtenir un diplôme après un passage dans une université, que ce soit une licence ou un master, n’est pas un simple certificat de connaissances, d’aptitudes, c’est beaucoup plus. C’est une attestation de qualité : autonome, travailleur, déterminé, organisé… Et pour l’obtenir ce diplôme, il faut viser haut, avoir en tête un projet professionnel qui nous pousse à travailler, il faut être ambitieux.
L’ambition à l’université, est un concept étrange pour beaucoup d’étudiants. Elle reste cachée, et c’est ce qui cause sa disparition. Étudiants ambitieux, affirmez vous !  Il faut du courage pour assumer son ambition dans un tel milieu, et ce ne sont pas les lois sur l’enseignement supérieur qui peuvent changer cela, seul les étudiants peuvent faire en sorte que l’ambition renoue avec l’université.
Un jour, peut être, un lycéen dira qu’il conçoit la fac comme le meilleur parcours pour parvenir au métier de ses rêves. Mais ce n’est pas pour demain !
Faisons en sorte qu’étudier à la fac relève désormais d’un véritable choix et non d’une issue de secours !
Faisons revenir un peu d’ambition sur les campus ! Pour que l’ambition puisse un jour dire « La fac m’a ressuscitée ».


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